LES CIGALES

Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire

Issu de l’Économie Sociale et Solidaire, dans les années 80, le mouvement des CIGALES s’est construit sur le constat qu’il est possible à de simples citoyens d’accompagner celles et ceux qui se lancent dans la grande aventure de la création ou du développement d’une entreprise.

Cet accompagnement prend la forme d’un apport financier au capital, mais aussi d’un soutien humain et de conseils adaptés.

Un regard extérieur permet à l’entreprise de passer plus sereinement ses premières années d’existence.

Aujourd’hui, les clubs CIGALES ont toute leur raison d’être dans des territoires bien souvent marqués par la crise : le lien entre l’entrepreneur et les membres d’un club accroît la viabilité de chaque projet accompagné.

CHARTE DES CIGALES

Les CIGALES sont des clubs d’investisseurs qui participent au capital de petites et moyennes entreprises.

C’est un outil qui, par l’engagement de ses membres, se place résolument au cœur de l’activité économique et financière, pour y développer des pratiques alternatives et solidaires de proximité :

  • maîtriser l’utilisation de son épargne, gérer l’épargne autrement, de manière transparente, collective et démocratique, où chacun est à la fois responsable et solidaire,
  • donner un sens économique et une pratique à la notion de proximité : rapprocher l’épargne de l’investissement pour un développement local durable,
  • développer une pratique différente de l’utilisation du capital : en faire un instrument d’accompagnement et d’appui aux entreprises cigalées dans un souci de réciprocité entre entrepreneurs et épargnants,
  • donner la priorité à des entrepreneurs dont les buts, au delà du nécessaire aspect financier, sont sociaux culturels, écologiques, c’est-à-dire respectueux de la place de l’Homme dans son environnement.

Les CIGALES sont soucieuses d’efficacité économique et de réussite financière. Pragmatiques, elles sont averties des risques et des difficultés dans la création et le développement d’une entreprise. Réalistes dans leurs attentes et rigoureuses dans leurs approches, elles cherchent avant tout la pérennité des entreprises qu’elles financent.

A travers leur réseau, les CIGALES posent des jalons pour répondre avec leurs partenaires au problème de la création d’activité et d’emplois, et plus largement, elles luttent contre toute forme d’exclusion.

En définitive, les CIGALES sont au carrefour de l’épargne de proximité, de l’épargne éthique et de l’épargne solidaire. Elles veulent contribuer à développer la citoyenneté active de leurs membres et par là même à inciter à toujours plus de démocratie économique et de démocratie locale.

Assemblée Générale des CIGALES 2000

HISTORIQUE

AU DÉBUT ÉTAIT L’ALDEA

L’Agence de Liaison pour le Développement de l’Economie Alternative (ALDAE) est née début des années 1980, elle visait à faire émerger des pratiques modifiant l’économie. Elle imaginait « un monde où chacun retrouve la liberté de conduire son destin et participe à l’économie de son environnement » (Patrice Sauvage, fondateur de l’ALDEA).

Pour réaliser une partie de ses ambitions, l’ALDEA se dota, après quelques hésitations, de l’outil le plus adapté à l’économie alternative et solidaire : le club CIGALES (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire) bâti sur l’indivision volontaire et le club d’investisseurs. Ce dernier :
– Est plus petit qu’un fonds commun de placement à risque ou une SICAV et permet d’organiser des circuits économiques courts
– Est très proche de la démocratie locale (une personne, une voix, quelle que soit la quantité apportée par chaque membre dans le club)
– Permet de faire partie prenante du capital de l’entreprise qu’on soutient contrairement au prêt et donc de s’investir davantage.

C’est le 14 juillet 1983, date qui a son importance pour un mouvement citoyen comme l’ALDEA, que naîtra la première CIGALES. Ainsi le petit financier qu’allait devenir le club CIGALES prend-il une tournure humoristique par rapport à la fable.

LA PREMIÈRE CENTAINE DE CIGALES

Le développement des CIGALES est assez lent les deux premières années avec la création seulement d’une dizaine de clubs avec les ressources financières et les forces de l’ALDEA qui ne fera qu’un, à cette époque avec les CIGALES.

Le mouvement prendra réellement son essor en 1985 avec la mise en place d’une action de développement. L’objectif de cette action : atteindre le seuil des 1000 CIGALES afin d’organiser le forum des 1000 et ainsi médiatiser les actions d’économie solidaire. Ce forum (février 1988) , s’il est probant sur le plan statistique (98 CIGALES présentes ayant financé 53 entreprises sur 44 départements) est un gouffre financier.

La création de clubs à tout prix a abouti à la séparation totale entre l’ALDEA et la Fédération, à la diminution en flèche du nombre de clubs et à la crise financière de la fédération. Cependant, cet accident de parcours a permis aux CIGALES de créer une assise territoriale et nationale et de passer d’une initiative à un mouvement. Au pire de la crise, le nombre de clubs n’est jamais tombé en dessous de 60.

VERS LA STABILISATION DU RÉSEAU

En même temps naissent les associations territoriales qui vont accompagner les clubs au niveau régional et être relais de la fédération. Ce pilotage à plusieurs permet l’assainissement de la situation de crise et la stabilisation du mouvement CIGALES. Une politique de communication commence à se structurer avec la publication trimestrielle «  l’Echo des CIGALES », un maillage entre les différents acteurs du mouvement au niveau national et une médiatisation croissante.

Mais de la logique de mini-révolution alternative, beaucoup de cigaliers sont passés à la logique solidaire d’insertion en période de chômage. À une recherche de l’alternative s’est ajouté le pragmatisme d’une nouvelle génération de cigaliers qui veulent suppléer l’immobilisme des banquiers trop occupés par les marchés monétaires et immobiliers pour s’intéresser au secteur productif.

En plus de ces différents courants d’idées, la fédération entame une ouverture sur d’autres réseaux comme l’APCE (Agence Nationale Pour la Création d’Entreprise), la NEF (Nouvelle Economie Fraternelle), France Active, les SCOP.

Aujourd’hui le réseau compte environ 250 clubs et plus de 3 000 membres.

LA FEDERATION NATIONALE

La Fédération des CIGALES, association de loi 1901, agréée « Entreprise solidaire » et « Jeunesse et éducation populaire », a pour objet l’animation et le développement du mouvement constitué par les CIGALES, leurs associations territoriales et association de soutien. Elle est garante de l’utilisation du nom CIGALES et de la charte des CIGALES. Elle favorise le partenariat entre les CIGALES et les autres réseaux d’aide à la création d’entreprise et de financements solidaires, notamment ceux dont elle a été à l’origine comme Garrigue.

Elle est responsable de la politique de communication à destination des acteurs institutionnels et socio-économiques. Elle est membre de Finansol, regroupement au plan national des financeurs solidaires et d’Inaise, regroupement au plan international.

 

Accéder au site internet de la Fédération nationale des CIGALES